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Échec scolaire : causes, conséquences et solutions

Échec scolaire : causes, conséquences et solutions

La notion d’échec scolaire est apparue tôt, dès la scolarisation massive et obligatoire de tous les enfants, conséquence des différences entre les individus. Il est difficile de rester insensible aux problèmes de retards scolaires chez l’enfant, et à fortiori aux situations d’échecs scolaires. Nous développons dans cet article, la définition de l’échec scolaire, les causes, les conséquences et les solutions :

Qu’est-ce que l’échec scolaire ?

Nous considérons que l’accumulation de petites lacunes, que les changements d’orientation abusifs, que les redoublements répétitifs, qu’un simple fléchissement peuvent conduire à l’échec scolaire véritable.

L’échec scolaire ne peut pas se définir par des comparaisons interdividuelles, il nécessite la prise en compte de la différence qu’il peut y avoir entre l’espérance de réussite individuelle, plus ou moins déterminée par les capacités globales de l’enfant, tant physiques qu’intellectuelles, sociales qu’affectives et la réussite effective. 

D’ailleurs, l’échec scolaire n’est pas équivalent à l’échec dans la vie, mais il s’en rapproche dangereusement de nos jours. En fait, deux catégories d’enfants se trouvent en difficultés à l’école : on a ceux qui ne parviennent pas à s’adapter aux contraintes de la vie scolaire et qui se trouvent en échec plus ou moins grave, mais toujours mal ressenti, et ceux, qui du fait d’un handicap, d’une maladie chronique ne peuvent satisfaire sans mesures spécifiques aux exigences d’une scolarité normale.

Les causes de l’échec scolaire

Un très grand nombre de causes mènent à l’échec scolaire :

Les causes physiques

Pour qu’un enfant poursuive normalement sa scolarité, il ne faut pas qu’il soit malade. Plus qu’une éventuelle maladie aiguë ou subaiguë passée inaperçue ou non, ce sont beaucoup plus une maladie chronique ou des maladies à répétition, qui peuvent être à l’origine d’un retard scolaire.

Les difficultés intellectuelles

Pour suivre normalement une scolarité, un enfant a besoin d’un certain niveau d’intelligence.

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En effet, même si l’on ne doit pas confondre niveau scolaire et niveau intellectuel, une intelligence dite normale et en principe nécessaire pour le bon apprentissage scolaire, mais c’est loin d’être l’unique facteur de réussite scolaire. C’est ainsi que la généralisation des tests réalisés en groupe à l’intérieur même des écoles doit être utilisée avec beaucoup de prudence, et les résultats, donnés et expliqués aux parents, ne doivent pas être les seuls critères d’orientation des élèves.

Les troubles instrumentaux et cognitifs

Les troubles instrumentaux également appelés troubles psychomoteurs ou troubles de la psychomotricité, ou abusivement troubles des praxies, sont maintenant mieux connus, mieux dépistés et débouchement sur une rééducation souvent satisfaisante.

Les cas les plus fréquents sont dépistés tôt, souvent dès la maternelle, à la rigueur en début de primaire. Leurs difficultés sont diffuses : léger retard de langage, démarche pataude, latéralisation mal assurée, une coordination limitée, le début de l’écriture est classiquement difficile. Les troubles cognitifs seront également envisagés.

Ces enfants réagissent souvent à ces difficultés par un mode de régression plus ou moins important, ou, au contraire, ce même type d’enfant peut de présenter avec une grande instabilité psychomotrice qui est au premier plan et pour laquelle les parents consultent.

Le concept de dysfonctionnement cérébral minime

Le syndrome de dysfonctionnement cérébral minime s’applique à des enfants d’intelligence normale présentant certains troubles d’apprentissage et de comportement associés à des anomalies fonctionnelles su système nerveux central. Il regroupe donc, des désordres très divers dont l’association, la gravité varient, mais à l’origine desquels existerait un même mécanisme.

Les troubles s’articulent autour de deux grands axes :

  • Un registre psychomoteur, Avec éventuellement des signes neuroleptiques discrets associés.
  • Un registre linguistique.

Les troubles psychopathologiques

Il n’est pas question de faire ici la liste exhaustive de tous les troubles psychopathologiques de l’enfant, mais de mettre en évidence les plus fréquemment rencontrés, en relation avec l’échec scolaire.

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L’âge de l’enfant est également important à considérer : si les difficultés affectives des petites sont classiques, on peut retrouver

Les facteurs d’environnement

Ils se met très souvent en avant, et d’ailleurs, à raison. Mais il faut être vigilant, le risque étant de masquer tout le reste par ce seul problème. Néanmoins, de nombreux et importants travaux ont montré que la destinée scolaire d’un enfant est liée au niveau économique et culturel de sa famille.

  • Le niveau socioculturel de la famille qui intervient sur le niveau intellectuel de l’enfant avant d’intervenir sur sa réussite scolaire.
  • La réussite globale au cours de la scolarité est statistiquement meilleure pour les enfants de cadres supérieurs et de cadres moyens, moyenne pour les enfants d’agriculteurs exploitants, de même pour les enfants de patrons de l’industrie et du commerce, très moyenne pour les enfants d’employés et d’ouvriers, médiocre pour les enfants de salariés agricoles, de personnels de service, pour les enfants de parents sans fonction.
  • Le niveau d’études obtenu ainsi que les filières choisies sont souvent en rapport avec le niveau socioculturel des parents : les plus favorisés étant souvent les plus jeunes, s’orientant vers les sciences exactes, préférant les professions libérales, ont souvent été influencés par leurs parents, alors que les plus défavorisés s’orientent plus vers les cycles cours, les sciences humaines voire les sciences économiques.

La composante personnelle de l’enfant

L’enfant lui-même doit être jugé, apprécié en fonction de ses données personnelles, de ses possibilités, de son terrain propre, si possible en dehors de toutes les autres influences extérieures, ce qui est souvent difficile.

Cette réflexion nous ramène au constat de différence obligatoire entre les individus. Elle entraine forcément une hétérogénéité des populations scolaires, hétérogénéité renforcée par l’inégalité des rythmes de développement, par la dispersion des âges auxquels les enfants deviennent aptes à apprendre tel ou tel apprentissage, par l’avance pubertaire des filles par rapport aux garçons.

L’évolution physiologique elle-même entrave les variations : la période pubertaire avec les changements de forme, de taille, de poids, les dysmorphies passagères, la crise d’originalité juvénile, la remise en cause des relations parentales, etc. sont à l’origine de troubles physiques et psychiques souvent préjudiciables à l’activité scolaire.

L’échec scolaire : solutions

La première étape pour résoudre ce problème est le dépistage des difficultés et des échecs scolaires. Les solutions proposées : pédagogiques, médicales, les orientations préconisées ou les rééducations envisagées s’examinent ensuite par les enseignants de l’école.

Prévention et prise en charge de l’échec scolaire.

La réussite scolaire d’un enfant ne peut s’envisager que par rapport à ses perspectives de réussite.

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La prévention de l’échec scolaire repose donc sur la recherche des facteurs de risques d’échec scolaire. La prise en charge de certains troubles chez l’enfant fait partie intégrante de cette prévention. Voici quelques moyens de prévention :

La prévention

Elle doit être précoce, dès la maternelle si cela est possible ou nécessaire. Elle s’attache dans ce cas à dépister les inadaptations potentielles. Mais elle doit aussi veiller à ne pas enfermer l’enfant dans une logique de l’échec.

La prévention vise à éviter les dérapages d’un élève dans son cursus. Elle vise aussi à maintenir l’élève à un niveau suffisant pour pouvoir continuer dans sa filière.

La prise en charge de l’échec scolaire

C’est le cas où l’élève est en situation d’échec, ou lorsque le retard accumulé n’a pas permis le rattrapage escompté. L’écueil principal est alors de considérer les choses comme définitives, sans possibilité d’évolution.

L’enseignant poursuit donc un double but :

D’une part, porter le niveau moyen d’instruction des populations suffisamment haut afin que la grande majorité puisse vivre de manière adaptée dans une société, parallèlement à l’évolution des sciences, des techniques et des moyens de communication.

D’une autre part, assurer à l’individu une formation intellectuelle suffisante. C’est pourquoi l’échec scolaire chez l’enfant est particulièrement grave. C’est entre 6 et 14 ans que les bases de l’instruction doivent être acquises. La lutte contre l’échec scolaire doit permettre d’offrir le maximum de chances de réussite aux élèves, en fonction bien entendu de leurs capacités.

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Elle doit tendre à dépister et à compenser les handicaps susceptibles de gêner l’expression scolaire potentielle d’un enfant.

Les perspectives d’avenir

L’école doit assurer l’instruction des élèves, mais aussi leur permettre une bonne insertion sociale par la formation, notamment professionnelle. Si le premier objectif est bien l’objet de la lutte contre l’échec scolaire proprement dit, le deuxième prendra à l’avenir une place considérable.

En effet, devant des effectifs de plus en plus nombreux, avec une scolarisation de plus en plus longue, le dépistage et la prise en charge des difficultés scolaires seront plus que jamais importants, au risque de voir l’échec scolaire devenir synonyme d’échec d’insertion socioprofessionnelle.

Dans ce domaine, comme dans d’autres, l’intelligence consisterait à préférer ce que l’on a, plutôt que ce que l’on pourrait avoir, ainsi, l’utilisation rationnelle, mais organisée des structures en place est-elle préférable aux multiples réformes.

L’échec scolaire : conclusions

L’étude des échecs scolaires, critiquable parce que classificatoire, nous permet néanmoins de dégager un certain nombre de facteurs de risque de l’échec scolaire. Elle peut notamment être utile aux enseignants, aux pédagogues, aux médecins. Mais aussi aux psychologues, aux rééducateurs, aux parents et donc aux enfants eux-mêmes.

Il apparaît qu’une parfaite connaissance des ressources et des réponses face à l’échec scolaire soit le gage d’une véritable prévention et d’une prise en charge adaptée, donc efficace.

Travail pluridisciplinaire s’il en est, l’élaboration des moyens de lutte regarde tout le monde, il en va du nombre et de la qualité des élèves qui réussiront. Mais donner le maximum de chances à un maximum d’élèves ne signifie pas la négation de l’échec scolaire, au risque de voir se transformer celui-ci en échec d’insertion socio-professionnelle.

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Sources :

  • Grimaud Philippe, L’échec scolaire chez l’enfant, Université de Limoges.
  • 1991.BOURGEOIS M. MALARRIVE J. , les difficultés scolaires chez l’enfant. Pages pratiques Bordeaux médical n 8 avril 1973 p. 1165-1178
  • CHAMPAGNOL R. L’échec scolaire, une conduite programmée. Revue française de pédiatrie n 77 octobre-novembre-décembre 1986 p.47-56
  • CHEVALLIER R. Les filières de l’échec scolaire. Revue française de pédiatrie n 77 octobre-novembre-décembre 1986 p.39-46

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