Pédagogie

L’importance du triangle didactique

L’importance du triangle didactique

Le triangle didactique est le modèle classique utilisé pour conceptualiser l’enseignement et l’apprentissage — en particulier dans le secteur de l’éducation formelle. Il est généralement représenté comme un triangle équilatéral, ce qui montre que les trois relations sont également importantes ou doit être considéré comme égal. En réalité, les axes peuvent changer un peu si, par exemple, la mise au point est exclusivement sur le contenu (ou le processus) ou l’enseignant/formateur ou l’apprenant sont dans leur les esprits occupés avec d’autres choses et l’énergie y va, etc.

Quelle est l’importance du triangle didactique ?

Le triangle didactique comme est un moyen pour comprendre la didactique

Pourquoi le triangle pédagogique est-il important ?

Yves Chevallard semble vouloir promouvoir ce triptyque en réaction contre le modèle binaire de la pédagogie qui privilégie, selon lui, la relation binaire enseignant/enseigné. Dans cette nouvelle combinaison est introduit un troisième pôle, qui est le Savoir, « si curieusement oublié ». On retrouvera là cette revendication de la spécificité disciplinaire déjà pointée.

Ces trois actants du triangle didactique entretiennent évidemment des relations entre eux. Ce sont elles qui font l’objet même des recherches en didactique, et que nous allons bientôt rappeler. Notons déjà que le triangle ainsi établi propose une approche de type systémique, ce qui explique l’appellation proposée par Yves Chevallard de « triangle didactique ». Ces trois constituants agissent et réagissent entre eux dans toute situation d’enseignement-apprentissage.

Cette relation ternaire est généralement représentée sous la forme du fameux « triangle didactique », devenu la figure emblématique de la réflexion didactique. Par conséquent, le fait que cette figure puisse interférer avec une autre figure bien connue, tel le « triangle pédagogique » [Houssaye, 1988], amène à se demander si le premier n’est pas un doublet du second — ou inversement. Cette question ne peut être ignorée, d’autant plus qu’elle devrait permettre de préciser la spécificité de l’approche didactique.

Le triangle didactique permet d’étudier les éléments suivants :

La transposition didactique

Selon Chevallard, la transposition didactique : « Du savoir savant au savoir enseigné » « Un contenu de savoir ayant été désigné comme savoir à enseigner subit dès lors un ensemble de transformations adaptatives qui vont le rendre apte à prendre place parmi les objets d’enseignement. Le “travail” qui, d’un objet de savoir à enseigner, fait un objet d’enseignement est appelé la transposition didactique ».

La transposition didactique au sens large, objet d’étude des didacticiens, englobe donc à la fois la question du choix de l’objet à enseigner et de l’adéquation entre ce savoir à enseigner et l’objet qui est effectivement enseigné. La transposition didactique effectuée par l’enseignant doit lui permettre d’adapter et ajuster le savoir à enseigner à ses priorités, à ses exigences, à son groupe d’élèves, etc. Le travail du professeur consiste donc en la transformation du savoir publié et exigé par les programmes (savoir à enseigner) selon ses priorités, ses exigences, les caractéristiques de ses étudiants.

La dévolution

Brousseau définit la dévolution comme un « acte par lequel l’enseignant fait accepter à l’élève la responsabilité d’une situation d’apprentissage […] et accepte lui-même les conséquences de ce transfert ». Pour cela, l’enseignant conduit à faire avancer la connaissance grâce au jeu sur le contrat didactique, et par la mise en place de situations didactiques dans lesquelles il place successivement l’élève.   Il s’agit pour l’enseignant de repérer les variables didactiques qui provoquent des adaptations, régulations et des stratégies faisant avancer la construction du savoir. L’enseignant construit des situations artificielles pour que les élèves s’emparent du problème et entreprennent de nouveaux apprentissages. Il s’agit de donner du sens au savoir, de tisser des liens entre les savoirs.   Le savoir est décontextualisé et dépersonnalisé (extrait de son contexte initial de « savoir savant ») pour être recontextualisé en classe.   Dans cette situation, l’enseignant doit veiller à ne pas donner la réponse en même temps qu’il pose la question, de même il ne doit pas laisser l’élève chercher seul sans aide. La dévolution se situe dans cet entre-deux.

Le contrat didactique

C’est un contrat largement implicite qui se tisse entre le professeur et les élèves en relation avec un savoir. Ce contrat fixe les rôles, places et fonctions de chacun des éléments du pôle, les attentes réciproques des élèves et du maître (le maître « fait » le cours, les élèves des exercices). Le contrat didactique est, selon G.   Brousseau, « l’ensemble des comportements spécifiques du maître qui sont attendus de l’élève et l’ensemble des comportements de l’élève attendus par le maître ».

Le triangle didactique prend en considération tous les partenaires de la relation didactique, relation spécifique qui s’établit entre un enseignant, un élève et un savoir, dans un environnement scolaire et un moment déterminé. Le triangle didactique essaie de préciser l’objet de la didactique et sa singularité. Il représente les relations entre professeur, élève et savoir. Cette représentation a essentiellement a pour but de s’opposer à des schémas linéaires du type professeur — élève. Il s’agit d’une tentative faite pour appréhender et modéliser une situation complexe. Bien sûr, une telle « modélisation » n’est pas à l’abri des critiques.

Sources :

  • oemmndcbldboiebfnladdacbdfmadadm/https://www.oneterrene.org/images/YouthProjects/2018/COMETS_Austria_2018/TheArtOfLearning.pdf
  •  Séminaire du GRCDI « Didactique et culture informationnelles : de quoi parlons-nous ? » 14 septembre 2007 L’objet d’étude des didactiques et leurs trois heuristiques : épistémologique, psychologique et praxéologique Pascal Duplessis IUFM des Pays de la Loire
  • http://ife.ens-lyon.fr/sciences21 – IFE ENS de Lyon (EducTice — S2HEP, Centre Alain Savary) — DSDEN de Côte d’Or — Dijon

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