Méthodes et stratégies

Apprentissage par Problèmes: définition, pourquoi et comment?

L’apprentissage par problèmes (APP) est un modèle d’enseignement inspiré du courant socio-constructiviste. C’est une approche centrée sur les élèves. Ceux-ci, regroupés en équipes, s’engagent dans une démarche de résolution de problèmes sans avoir préalablement étudié ou reçu une formation à son sujet. Le problème est présenté dans le cadre d’une situation problème qui sert à l’apprentissage de nouvelles connaissances et au développement d’habiletés et de comportements. Cette manière de faire contraste avec les méthodes pédagogiques traditionnelles ou les notions sont d’abord présentées, puis appliquées dans le cadre de problèmes. La démarche compte ici davantage que la résolution des problèmes comme telle. En fait, l’accent n’est pas mis sur le fait de trouver la solution, car, à la limite, les élèves peuvent en proposer plusieurs.

POURQUOI Y FAIRE APPEL EN CLASSE ?

L’enseignante choisit l’apprentissage par problèmes lorsqu’elle veut :

  • Engager activement les élèves dans leur apprentissage.
  • Améliorer les habiletés de collaboration entre les pairs.
  • Développer l’autonomie des élèves à rechercher de l’information et à en juger la pertinence.
  • Favoriser l’intégration des connaissances et leur transfert.

L’apprentissage par problèmes mène au développement de stratégies cognitives et méta-cognitives. En effet, les élèves doivent participer

à l’analyse d’un problème et émettre des hypothèses qui reposent sur leurs connaissances antérieures, leurs conceptions et leurs croyances, tenter de trouver des ressources qui leur permettront de trouver des solutions et réfléchir de façon critique à leur démarche.

Chaque situation problème abordée oblige les élèves à reprendre cette démarche et c’est ainsi qu’ils développent leurs stratégies d’apprentissage. Plus fréquemment les élèves sont exposés à l’APP, plus importante est l’acquisition des stratégies d’apprentissage. Ce modèle permet également d’améliorer les habiletés de communication interpersonnelles. Étant donné que l’APP est réalisé en équipe, que chacun doit régulièrement jouer un rôle et qu’il se termine par une réflexion sur le fonctionnement de l’équipe, il permet d’améliorer l’efficacité du travail en équipe. Enfin, plusieurs recherches confirment que les élèves formés en APP se disent plus satisfaits de leurs cours que ceux qui suivent des cours plus magistraux.

COMMENT L’INTÉGRER À SA PRATIQUE ?

Un apprentissage par problèmes en milieu universitaire se réalise généralement en équipes supervisées par un tuteur. Les étudiants se rencontrent de trois à six heures chaque semaine pour travailler sur un problème (c’est ce que l’on appelle ≪rencontres tutorales≫). Le rôle de l’enseignante (ou du tuteur) est d’aider les étudiants dans leur démarche d’apprentissage, que ce soit dans l’atteinte des objectifs scolaires ou dans l’atteinte des objectifs relevant de l’interaction entre eux. Au primaire, au secondaire et au collégial, il n’est pas possible de désigner un tuteur par équipe. C’est l’enseignante qui joue ce rôle, soit en considérant sa classe comme une seule équipe, soit en circulant d’une équipe restreinte à une autre.

La qualité des interventions (de l’enseignante ou du tuteur) est considérée comme déterminante pour la réussite de l’APP. Elle doit savoir quand et comment favoriser le questionnement, faire une remarque, stimuler la participation de tous, tout en respectant l’autonomie des membres de l’équipe.

L’enseignante (ou le tuteur) peut aussi concevoir des APP micro, c’est-à-dire des apprentissages par problèmes qui sont effectues a petite échelle à l’intérieur d’un cours (d’une à trois périodes jusqu’à une journée). Dans ce cas, l’enseignante rend tout le matériel nécessaire disponible sur place.

Il existe plusieurs modèles d’apprentissage par problèmes. Bien que les étapes qu’ils proposent soient différentes, ces modèles comportent tout de même de grandes similitudes :

  • Certaines étapes sont réalisées individuellement, et d’autres en équipes.
  • La démarche n’est jamais linéaire. Des retours sont toujours possibles et souhaitables.
  • Certaines étapes font appel à la pensée convergente, et d’autres à la pensée divergente.
  • Le travail d’analyse et de synthèse est omniprésent au cours de la démarche.

 

Sources :

  • Carole et Sylvie, Modèles d’enseignement et théories d’apprentissage, 2e édition CEC
  • Altet, M. (1997). Les pédagogies de l’apprentissage. Éducation et formation.

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