La pédagogie active améliore –t-elle l’apprentissage ?

La pédagogie active est un ensemble de méthodes pédagogiques qui implique les apprenants dans des situations  pour qu’ils puissent utiliser leurs compétences. En d’autres termes, ils sont acteurs de leurs apprentissages et construisent leurs savoirs à travers des situations de recherche. Contrairement à la pédagogie traditionnelle, la pédagogie active applique le principe c’est en faisant que l’on apprend. Cette pédagogie se réfère à Adolphe Ferrière au début du XXe siècle.

Définition de la pédagogie active

La pédagogie active est une approche où l’implication intellectuelle et sociale des étudiants participe au développement de leurs connaissances, de leurs compétences et de leurs attitudes (adapté de Legendre, 2005, p. 1015). La pédagogie active est renforcée lorsqu’un système d’amélioration continue est mis en place, lequel exige des rétroactions échelonnées dans le temps à propos d’un même travail, et ce, jusqu’à son aboutissement (Mesly, 2011). Cela permet également de réduire chez les étudiants l’impression d’être « noyés dans la masse », c’est-à-dire de passer inaperçus (Vanpee, Godin et Lebrun, 2008, p. 34).

Pourquoi mettre en place une pédagogie active ?

  La pédagogie active permet de favoriser la concentration et la motivation.

– Les modalités utilisées dans le cadre de la pédagogie active permettent aux étudiants de créer des liens non seulement avec l’enseignant, mais également entre eux.

– Cette façon de penser les cours donne aux étudiants l’occasion de construire leurs connaissances en échangeant autour des concepts enseignés.

– La pédagogie active favorise l’implication des étudiants dans leurs apprentissages.

– Elle permet aux étudiants d’acquérir des connaissances facilement transférables dans leur contexte professionnel futur.

Des stratégies à mettre en place ?

Plusieurs méthodes existent pour rendre les étudiants plus actifs, voici quelques exemples qui peuvent s’appliquer autant aux grands groupes qu’aux groupes de taille plus modeste :

Au début des cours

  1. Créer des liens avec et entre les étudiants. Dès la première classe, demandez aux étudiants d’écrire leur prénom sur une enveloppe ou sur une feuille de papier et de placer celle-ci au bout de leur bureau. Vous pourrez ainsi les interpeller par leur prénom lorsque désiré. Cela permettra de réduire l’anonymat, voire de créer des liens, et de garder les étudiants centrés sur la tâche en les interpellant si nécessaire.
  2. Activer les connaissances antérieures. Commencer le cours, par exemple, en faisant faire aux étudiants un mini-test formatif pendant lequel ils peuvent utiliser leurs notes de cours, consulter leurs voisins ou puiser sur Internet. La correction du mini-test se fait par la suite en plénière. Cela permet d’activer les connaissances des étudiants avant de poursuivre avec la présentation de nouveaux contenus.

Les activités d’apprentissage

  1. Utiliser les exposés magistraux judicieusement. Les exposés magistraux doivent être bien structurés afin de permettre aux étudiants de prendre des notes et doivent être truffés d’exemples concrets et contemporains. Il est préférable de les limiter à 15-20 minutes et de les entrecouper de questions, d’une discussion, d’un débat, d’une activité, etc. À la fin de l’exposé, il peut être intéressant de donner quelques minutes aux étudiants pour qu’ils comparent leurs notes de cours et les complètent. Cela leur permettra en même temps de vérifier si l’exposé a été clair pour tous.
  2. Miser sur les présentations orales. À la suite d’une discussion en équipe ou d’un travail portant sur un cas précis ou une lecture, chaque équipe désigne un représentant qui fera le compte rendu à tous les étudiants de la classe. Ce type de présentation force les étudiants à articuler leurs idées de façon succincte et à prendre des décisions. À la fin de la présentation, les étudiants sont invités à proposer des compléments dont tous pourraient bénéficier.
  3. Engager des débats: Les étudiants sont amenés à prendre position (pour ou contre) lors de l’analyse d’un cas concret lié à la matière du cours. Cela les oblige à développer des arguments convaincants dans un esprit critique. Cette activité peut se faire en petit groupe d’abord, puis chacune des équipes présente ensuite ses arguments. On peut également donner la possibilité aux équipes de changer d’avis après la période d’argumentation.

Après le cours

  1. Favoriser la révision. Il peut être profitable d’exiger des étudiants qu’ils fassent un résumé du cours sur une base hebdomadaire. Cela leur permettra d’assimiler la matière plus facilement et de l’organiser selon leurs besoins. En général, cet effort permet de diminuer le temps et les efforts consacrés à la préparation des examens (Vanpee, Godin and Lebrun, 2008). La lecture de ces résumés permet également de voir si le contenu du cours a été suffisamment présenté.

Finalement… Adopter une pédagogie active axée sur l’amélioration continue permet aux étudiants d’être plus dynamiques et engagés dans leurs apprentissages. Cela peut également favoriser leur développement cognitif, social et émotionnel. Il est important de choisir des pratiques pertinentes selon les objectifs d’apprentissage visés ou les compétences à développer.

Sources :

  • Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation. Montréal : Guérin.
  • Mesly, O. (2011). Une façon différente de faire de la recherche en vente et marketing. Québec : Presses de l’Université du Québec.
  • Vanpee, D., Godin, V., & Lebrun, M. (2008). Améliorer l’enseignement en grands groupes à la lumière de quelques principes de pédagogie active. Pédagogie médicale, 9(1),32-41.

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